Je voulais vous tenir au courant de la progression du portrait de Léonard Cohen sur lequel je travaille en ce moment. Comme je l’avais prévu, c’est un travail qui demandera beaucoup de patience, et l’esquisse que je viens de terminer en est la preuve. Mais je crois que je suis sur la bonne voie.

Habituellement, je commence mon esquisse directement sur la toile au crayon gras et à main levée. Pour la répartition de l’espace et pour les proportions, je fais confiance en la justesse de mon regard sur la toile vierge, rien de bien scientifique donc, ce qui bien sûr me réserve parfois des surprises en découvrant un problème ici ou là. Commence alors en ce cas, un long travail de correction!

Pour cette esquisse je n’ai pas eu de problème particulier, jusqu’à ce que j’en arrive au dessin de la main gauche que j’ai dû refaire deux fois. Les mains sont pour moi toujours le point faible assuré dans un dessin, et je dois vraiment m’y atteler avec ténacité pour y arriver. Les doigts ressemblent d’abord invariablement à un bouquet de chipolatas, ce qui est toujours assez frustrant.

Vous trouverez ci-dessous quelques photos de la progression de cette esquisse. Dans la dernière vous pouvez voir que l’arrière-plan a déjà reçu une première couche de couleur ce qui met en relief le sujet principal. Ceci me donne une très bonne idée du chemin déjà parcouru. Je suis pour le moment très heureux de ce que je vois. Je crois que l’important, dans un portrait tout au moins, est de faire une esquisse très peaufinée qui reflète vraiment le but à atteindre. A ce moment-là, on peut dire que la moitié de la bataille est gagnée.

Animation work in progress Leonard Cohen

Voici donc Léonard, l’esquisse d’un travail en cours. Alors que j’écris ces mots je vois dehors, à travers champs l’arrivée d’un gros nuage chargé d’orage prêt à crevé au-dessus de nos têtes, une giboulée de mars en Avril. L’hiver n’en a pas fini avec nous.

Giboulée de mars en avril; ceci rappelle bien sur le vieil adage: en avril ne te découvre pas d’un fil. Ou bien encore ces mots du poète américain TS Eliot sur le mois d’avril:

Avril est le plus cruel des mois
qui fait pousser les lilas d’une terre morte
entre mémoire et désir
les pluies de printemps troublant les racines endormies …

Je vous quitte jusqu’à mon prochain blog. Portez-vous bien.

Jean-Yves